Seignelay, son histoire

Seignelay, son histoire

Les anciens Moulins (Foulon et à Farine), emplacement, réparations, vente

          Accès au moulin par le CV du Stade de foot

 

Emplacement des moulins, en 1778

à droite: Moulin à farine, à gauche: Moulins à foulon

 

Archives départementales, cote L 752, archives de la révolution, District d'Auxerre 27 avril 1790 – 18 mai 1793

                                                              

Délibération du conseil et du Directoire du district, réparations des moulins de Seignelay,

 

26 février 1793 - Réparations des moulins de Seignelay

 

            Aujourd'hui vingt six février 1793, l'an second de la République, le directoire du district réuni au lieu ordinaire de ses assemblées, séance publique du soir, un des citoyens administrateurs a dit :

            Citoyens, la municipalité de Seignelay vous a appris par sa lettre du 22 janvier dernier que les crues d'eau du Serein, rivière sur laquelle sont situés les moulins de cet endroit, avaient fait une brèche notable sur le bief des dits moulins, appartenant à l'émigré Montmorency et qu'il était pressent de la réparer parce que le dommage ne pourrait que s'accroître, sur votre, soit communiquer au citoyen Verbrugghe du 23 dudit mois, pour avoir ses observations. Il ne s'est transporté sur les lieux que le huit février présent mois puisque son rapport n'est daté que de ce jour.

            Dans ce rapport, il est d'avis que le charpentier, Antoine Dumas, demeurant à Seignelay soit chargé de la réparation de cette brèche moyennant deux mille quatre cent livres et sans adjudication, attendu, ses connaissances en matière de travaux et l'urgence de la fermeture de la brèche. Vû, qu'il y a un de ces deux moulins qui ne peut tourner à cause de la perte des eaux qui s'échappent par cette brèche.

            Vous avez voulu entendre le citoyen Dumas. Il vous a dit que lors de la lettre de la municipalité, les travaux pourraient n'être que de deux mille cinq cent livres. Mais que depuis de nouvelles dégradations s'étaient faites et qu'il y en avait au moins pour quatre mille sept cent vingt cinq livres. Pour les justifier, il vous a remis le devis estimatif qui se porte à cette somme avec avertissement que plus on tarderait à boucher la brèche, plus elle s'agrandirait. voyant une si grande différence entre l'estimation vague du citoyen Verbrugghe et le devis Dumas pour éclairer votre religion, vous avez chargé le citoyen Simonot, successeur du citoyen Verbrugghe, de faire un nouvel examen des choses. Par son rapport du 23 février courant, il constate que les réparations seront d'environ quatre mille livres, que le moindre délai peut encore l'accroître, que l'épanchement de l'eau a mis en chômage l'un des deux moulins. Qu'on ne peut estimer au juste les travaux parce que l'eau qui couvre les lieux endommagés empêche d'en juger et que comme le citoyen Verbrugghe, il pense que la réparation doit être régis. C'est pourquoi je vous invite à en délibérer.

            La matière mise en délibération, le directoire du district, le Procureur sindic entendu,

            Considération que la réparation de la brèche en question est de la plus grande urgence, et ne peut être trop tôt faite. Que de nouvelles crues d'eau pourraient doubler et tripler les dépenses. Qu'il y a un moulin en chômage et que si l'on tardait à le faire cesser, le meunier serait bien fondé à exiger des dommages et intérêts. Qu'il a été ouys des informations sur l'intelligence et la probité du citoyen Dumas, charpentier, proposé pour conduire les travaux sous la surveillance du citoyen Simonot ingénieur, en conséquence.

Arrête que les ouvrages à faire pour fermer la brèche, que les eaux du Serein ont faite au bief des moulins de Seignelay, seront exécutés par régie ainsi que l'ont demandé les deux ingénieurs.

            Que le citoyen Dumas sera choisi pour conduire lesdits travaux traités du prix des matériaux et de leur transport ainsi que du prix de la main d'œuvre et des journées.

            Le citoyen Antoine Dumas résidera, à poste fixe, près des travaux, tiendra un registre exact tant de ses recettes que de ses dépenses, ainsi que des feuilles journalières pour les gens de journées, qu'il payera chaque dimanche.

 

Archives départementales cote L 1048, archives de la révolution, District d'Auxerre

                                                              

 14 prairial an II - Rapport sur les biens nationaux qu'il convient de vendre

 

            Aujourd'hui quatorze prairial, l'an deux de la république française unie et indivisible, la présence des citoyens, Perthuis président, Baillet,Maiseau, Grandain, Guéron, Lessère, Renaudin et Rathier agent national; citoyens:

La nation possède sur la commune de Seignelay:

            1° plusieurs pièces de bois.

            2° plusieurs pièces de pâtures, parties plantées, en vernes et peupliers.

            3° les moulins de Seignelay.

Les bois et les pâtures sont fort exposées aux brigands et aux délits, parce qu'ils sont éloignés des forêts étendues, et pour cette raison d'une conservation difficile.

Les moulins coûtent de gros entretiens, et la nation peut trop tôt s'en défaire, pour parvenir à la vente du tout, je vous engage de nommer un arpenteur pour diviser toutes les pièces qui en seront susceptibles, et des experts pour les estimer.

            Oui le rapport de l'état cy-joint, l'agent national entendu; considérant que la loi du ….. authorise la vente de toutes pièces de bois qui contiennent au-dessous de cent arpents, surtout lorsqu'elles sont à une certaine distance de toutes grandes forêts, et que les moulins de Seignelay ne peuvent être que charge à la nation. Le directoire du district arrête, que les propriétés susceptibles de division et d'être vendues par lots, le seront en autant de portions que l'intérêt de la république l'exigera.

            Que la division se fera par le citoyen Jouesnon, arpenteur de cette commune, nommé et commis à cet effet.

            Que l'estimation se fera tant par lui, que par le citoyen Picard, marchand de bois à Seignelay.

 

 

Archives départementales cote L 35, archives de la révolution

                                                              

Arrêté en forme d'avis (affaires générales) du 11 août – 27 octobre 1791

 

Le 27 août 1791

 

            Sur le rapport du procès verbal dressé par le sieur Verbugghes ingénieur des Ponts et chaussées, le 20 juillet dernier, en conformité de l'arrêté du Département du 14 avril précédent, qui le nomme pour faire en présence de deux commissaires de la municipalité de Seignelay et de la dame Trocquet, ou de son fondé de pouvoir, la visite des bâtiments et atteliers de la manufacture du dit Seignelay et des deux foulons. L'estimation des réparations et une estimation distincte de la valeur, déduction faite des réparations tant de la manufacture que des dits deux foulons, et de ce qu'il pouvait coûter actuellement à construire ces foulons tels qu'ils l'ont été. Duquel procès verbal il résulte que les réparations à faire aux bâtiments et atteliers de la manufacture montent à 1182 livres et celles des deux foulons à 872 livres, que les dits bâtiments et leurs dépendances sont de la valeur de 20080 livres et les dits foulons, cour et jardin y attenant de 16414 livres. Les réparations ci dessus supposées faites, et que pour construire les deux foulons, de la manière qu'ils l'ont été, il en coûterait 26600 livres.

            Oui le rapport, vu le dit procès verbal, l'arrêté du Département susdatté et l'avis du district d'Auxerre du 11 du présent mois.

            Vu aussi, de nouveau la requête de la municipalité de Seignelay, le mémoire de la veuve Trocquet contenant ses réponses, la lettre par laquelle la dite dame demande que l'estimation à faire des foulons, soit faite sans délai, et qu'il lui soit payé déduction faite des réparations, la somme de 22088 livres, et les arrêtés du conseil des 8 avril 1767 et 16 octobre 1775.

                        Mr le Procureur Général sindic, entendu :

Le Directoire du Département considérant que depuis nombre d'années que la manufacture de Seignelay ne rapporte rien à l'état, il se trouve grevé de 550 livres de réparations annuelles dont il est tenu compte, à l'entrepreneur, que ces bâtiments qui peuvent être vendus sur une valeur sensiblement supérieure à la somme que réclame la dame Trocquet, qu'il est établi par les arrêtés du conseil en datte des 8 avril 1765 et 16 octobre 1775 que les deux foulons ont été réunis à la manufacture de Seignelay et qu'il doit être tenu compte au sieur Trocquet ou ayant cause par celui ou ceux qui lui succéderont dans l'entreprise de la dite manufacture de 22088 livres pour tenir lieu de remboursement et indemnité de la construction et entretien de la construction, et entretien des dits deux foulons en les remettant par lui néanmoins en bon état de réparations. Arrêté que conformément au procès verbal du sieur Verbrugghe, il doit être défalqué de la dite somme de 22088 livres celle de 2054 livres, et que la dite dame veuve Trocquet doit être reconnue créancière de la nation de la somme de 20334 livres ainsi que de ce qui est échu de celle de 550 livres qu'elle recevait annuellement pour les réparations des bâtiments de la dite manufacture. Sous la condition néanmoins de remettre par elle les titres de la jouissance du sieur Manger fabriquant, et tous les billets si d'aucun il y a restant à échoir, souscrit par le sieur Manger au profit du dit sieur Trocquet et ce à compter du jour que coureront les intérêts de la dite somme. C''est à la dite dame veuve Trocquet à se retirer, par devers le commissaire, de la liquidation générale pour sur la présentation de ses titres parvenir à sa liquidation. Arrêté en outre qu'il sera écrit à Mr Delessar pour le prier de faire part à l'administration des mesures qu'il convient de prendre relativement à l'aliénation des dits bâtiments supposé qu'elle doive avoir lieu.

            La séance a été levée et la prochaine indiquée à cette après midi, heure ordinaire, Mr Laureau vice président a signé le présent procès verbal, ensemble M.M. les administrateurs présents sur le Procureur Général sindic, et Mr le secrétaire Général, lecture en criant à été au préalablement faite./.

 

     Moulin à farine, en 1910, (jadis les moulins à foulons)

 

Face coté Serein

 

Moulin actuel

 

 

 

 

 



29/12/2010
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