Seignelay, son histoire

Seignelay, son histoire

Château de Seignelay construit par Charles de Savoisy (Labrune, description, défense contre les réformés, rejet de démolir le château, vente des meubles et du château, archives)

Château à l'époque de Jean Baptiste Colbert, seigneur de Seignelay,

 par Labrune en 1791

 

 

Annuaire de l'Yonne, 1880, page 74-76 

 

CHATEAU DE SEIGNELAY

 

            La vue que nous donnons cette année de l'ancien château de Seignelay n'en rend qu'inexactement le caractère primitif. Le manoir antique qui était planté sur un tertre de 40 mètres de haut, au-dessus du terrain de la ville, avait vu bien des épisodes guerriers, sans compter celui de Saint Ebbon, archevêque de Sens qui, après la défaite des Normands, en 727, y aurait planté son drapeau sur une tour de la motte féodale. Le sire Gaucher de Seignelay avait vaillamment résisté aux Anglais, maîtres d'Auxerre, et conservé son château au roi. C'est à Charles de Savoisy, favori de Charles VI et chancelier de France, qu'est due la construction du château reproduite sur la gravure.

 

            Les chroniques locales racontent que Charles de Savoisy entreprit la construction de son château, à son retour d'exil auquel il avait été condamné pour avoir soutenu ses gens, qui, dans un tumulte entre eux et les écoliers de l'Université, en avaient maltraité un grand nombre (1404). Il avait été condamné à faire la guerre aux Sarrasins et avait à cet effet armé quatre galères qui lui facilitèrent le moyen de faire de nombreuses razzias sur les mécréants et de s'y enrichir. On dit même qu'il ramena quatre cents esclaves turcs, à l'aide desquels il fit exécuter les travaux du château.

 

            La description détaillée que donne l'abbé Henry de cette forteresse dans son Histoire de Seignelay nous dispense d'en composer une nouvelle, qui ne serait pas plus intéressante.

 

            Le château était muré de deux enceintes indépendantes l'une de l'autre ; la première extérieure, était la plus étendue, et la seconde, plus étroite, était presque imprenable.

 

            Les murs du premier retranchement s'avançaient au levant et au couchant, et formaient un demi-cercle au nord. Ils étaient flanqués de quatre tours demi sphériques. La porte s'ouvrant sur un grand bâtiment avec pont-levis et herse et défendu par des créneaux. L'enceinte générale était élevée de plus de 30 mètres au-dessus du sol de la ville. Un fossé profond augmentait encore cette hauteur.

 

            Il existait du coté de Beaumont deux grands bâtiments appuyés au rempart et séparés l'un de l'autre par une cour fermée. Ils servaient de casernes en temps de guerre. La chapelle s'élevait du coté de l'Est.

 

            Quand on avait franchi la pente rapide qui menait à la première porte à l'intérieur, on arrivait au pied du château proprement dit. Il était formidable et se composait de treize tours, douze rondes, couronnées de toits poivrière, et la treizième était carrée. Il se trouvait moitié dans la première enceinte et moitié en dehors, du coté d'Auxerre. Cette partie était soutenue par deux vastes fossés, en sorte que le talus du premier fossé, ajouté à la hauteur des tours présentait près de 66 mètres d'élévation.

 

            Dans l'intérieur du premier retranchement, un mur de 20 pieds de hauteur et de 12 pieds d'épaisseur formait redoute pour protéger la porte du château. On y parvenait par une chaussée en pente douce, et en temps de guerre on coupait cette communication. La porte se trouvait entre deux tours, avec un pont-levis en face de la première, et dans la direction de Brienon. 

 

            Les tours avaient de 10 à 12 pieds de diamètre ; elles étaient massives, jusqu'à la hauteur de 40 pieds au-dessus des terres. Au haut se trouvait une chambre voûtée, percée d'ouvertures pour la défense de la place. Un mur circulaire reliait les tours entre elles et en facilitait la communication. Il était couvert d'une galerie et percé de mâchicoulis.

 

            Les tours étaient très élevées. On les voyait de 12 à 15 lieues de la garenne de Tonnerre, de la montagne de Saint-Bond près de Sens, des hauteurs de Toucy, d'Ouanne et autres lieux très éloignés.

 

            La construction de ce vaste château fort eut lieu dans les premières années du XV siècle, et il devint entre les mains de ses possesseurs une des meilleures place forte de l'Auxerrois.

 

            Mais lorsque Colbert eut fait l'acquisition de la belle terre, de Seignelay, il voulut que son château fût approprié aux usages modernes et rendu plus habitable. Il fit percer les tours de nombreuses fenêtres, et les fit couvrir de hauts toits ronds et terminés en pointe.

 

            La chapelle que l'on voit sur le dessin, et qui présente un bâtiment à coupole et lanterneau, est également de son temps.

 

            Le grand ministre satisfait des embellissements qu'il avait exécuté à Seignelay, commanda à Van der Meulen, fameux peintre hollandais, d'en faire un tableau qu'il conserva dans sa galerie, et qui, après avoir été égaré après lui, fût retrouvé par le duc de Montmorency en 1783. C'est d'après ce tableau qu'ont été reproduites les copies que l'on connaît de cet édifice, qui était un des plus grands manoirs féodaux de la contrée et qui fût démoli jusqu'au sol, en 1800. 

 

 

Annuaire de l'Yonne, 1878 

Archives de la ville d'Auxerre, Registre n° 7 

ORDRE

Donné par le maire et les échevins d'Auxerre de mettre des soldats dans le château de Seignelay pour le défendre contre les réformés (2 février 1577) 


 

            Sur les remontrances et advertissements qui nous ont esté faites par Lazare Fauleau, receveur de la terre et seigneurie de Saillenay, pour la portion appartenant à la dame de Luz, comme le dit chastel est fort menassé par ceux de la religion prétendue refformée, lesquels puys deux ou troys jours en ça ont esté  en grand nombre et de nuit es environs dudit chastel, et qu'il est à craindre qu'il ne soyt surpris parce qu'il est mal gardé faute de portier ; nous ayant rendu audit advertissement, et affin que ledit chastel soyt conservé en l'obéissance du roy, avons ordonné audit Fauleau de promptement se transporter audit lieu de Saillenay avec cinq ou six soldats, pour la garde d'icelluy faite de telle sorte qu'il n'en advienne aucun inconvénient, à peine d'en respondre. Et après que ledit Fauleau   nous a dit qu'il est seulement admodiateur pour un tiers, qui est pour la part de la dite dame de Luz, et que Me Jehan Girard advocat du roy en ce baillage, bailly dudit lieu de Saillenay, a puissance et commandement pour les autres seigneurs en leur absence, lequel y fait et doit y introduire soldatz pour la garde dudit chastel, nous avons mandé ledit advocat du roy auquel nous avons fait entendre lesditz advertissements, en la présence dudit Fauleau, et mené avec luy troys ou quatre soldatz qui attendront qu'il en ait fait la volonté et intention dudit seigneur ; affin que, pendant il ne se y face aucune surprise qui pourroit redouter à tout le pays. Lequel advocat du roy nous a dit qu'il ne peut, de son authorité, entreprendre de mettre soldatz audit  chastel et jusques ad ce qu'il en ayt adverty le dit seigneur, par devant lesquelz…il est prest d'envoyer soldatz exprès pour en sçavoyr leur volonté et pendant qu'il escripra à Jean Delyon, receveur desditz seigneurs dudit Saillenay, et de laisser entrer troys ou quatre soldatz pour la garde d'iceluy, et qu'il est d'advis que pour l'asseurance dudit chastel on y envoye des soldatz qui seront stipendiez par les seigneurs dudit lieu. Lequel Fauleau a dit qu'il ne peut introduire soldatz audit chastel, sans la présence dudit advocat du roy, auquel l'entrée est libre à lui bailly dudit lieu, offre néantmoins y aller pour la part de ladite dame de Luz, et y mener avec luy un ou deulx soldatz. Le procureur de roy, présent, a requis pour l'importance de l'affaire qu'il soit enjoint audit Fauleau de se transporter audit chastel de Saillenay avec quatre ou cinq soldatz, pour la garde et asseurance dudit chastel, et que, pour la solde desdits soldatz soyt délivré exécutoire à l'encontre desditz seigneurs, et contre chacun d'eux seul et pour le tout, sauf le recours contre le restant, et d'y faire si bonne garde qu'il n'y advienne aulcune faulte.

            Sur quoy, après avoir de ceste affaire, conféré avec les eschovins de ladite ville d'Auxerre, et de leur avis, avons suivant le réquisitoire du procureur du roy, enjoint audit Fauleau de s'acheminer audit chastel, et y mener avec luy un ou deulx soldatz pour la part de ladite dame de Luz, et pour la part des aultres seigneurs se chargera ledit Fauleau, et….advocat du roy, adressant audit Deylon, pour faire entrer audit chastel troys soldatz sera délivré exécutoire contre lesditz seigneurs, et chacun deulx seul et pour le tout, et à deffault que ledit Delyon veuille introduire audit chastel des soldatz pour la part du seigneur de Fontenoy, et que ledit Fauleau a déclaré que ledit Delyon ne vouldra tenir compte des…et advocat du roy, de veiller soigneusement à la garde dudit chastel, et y envoyer troys ou quatre soldatz, pour la part du sieur de Fontenay et du seigneur de La Rivière, affin d'éviter aux inconvénients et à la surprinse dudit chastel, et jusques ad ce que plus amplement la volonté des dits sieurs soyts entendue. Et lequel advocat du roy nous assistant jusqu'audit chastel, en cas qu'il veuille monter à cheval, et à la charge de faire sortir lesdits soldatz, en cas que les dits seigneurs ne veuillent consentir qu'ils y demeurent.

 

                                   

                                           

Archives départementales, cote L 57 (Registre), archives de la révolution 

                         

 Rejet de la proposition par la municipalité de Seignelay de démolir le ci-devant château dudit lieu, comme susceptible d'offrir aux ennemis de la République «des moyens d'attentes en s'en saisissant à la sûreté et à la tranquilité publique», 3 floréal.

 

Vu 1° le rapport de l'ingénieur ordinaire du district d'auxerre sur la situation du cidevant château de Seignelay appartenant à l'émigré Montmorency.

 

2° L'avis de l'ingénieur en chef sur l'objet du rapport.

 

3° Et l'avis du district d'auxerre.

 

Oui le rapport, la matière mise en délibération.

 

L'administration du département considérant que d'après les rapports et avis ci-dessus le ci devant château de Seignelay ne peut offrir aux ennemis de la République aucuns moyens d'attenter en s'en saisissant à la sureté et à la tranquilité publique, que la conservation des bâtiments et emplacement de cette propriété municipale présente au contraire des avantages considérables qui dans les mains des arts ou du commerce tourneraient à la prospérité publique; que ces établissements dignes d'un gouvernement libre doivent être placés de préférence dans les lieux ou tout semble se réunir pour les seconder. Que Seignelay outre l'avantage de ce local ce voit disposé est encore situé sur une grande route, à la portée d'une rivière susceptible d'être navigable, éloigné seulement d'une lieue et demie de la rivière d'Yonne et qu'il a déjà dans son arrondissement une manufacture de draps qui si elle était portée dans les bâtiments dont il s'agit ne pourrait que profiter et faire prospérer cette commune et les communes voisines. Que ces considérations concourent à éloigner toute idée de destruction des bâtiments qui composent le ci devant château et à faire rejetter la demande en démolition présentée par la commune de Seignelay.

 

Arrête qu'il n'y a lieu à délibérer sur la demande de la commune de Seignelay ayant pour objet la démolition du cy devant château dont il s'agit. Et est d'avis au surplus que les rapports et avis des Ingénieurs et du District soient joints au présent et envoyé à la comission des travaux publics qui est invité à peser dans sa sagesse les avantages que la République pourrait tirer de l'établissement d'une manufacture dans le cy devant château dont il s'agit.

 

Arrête en outre que le présent arrêté sera adressé avant tout au représentant du peuple dans le département pour obtenir son approbation ./.

 

 

 

Archives départementales cote L 50, archives de la révolution

                                                              

Arrêté en forme d'avis (affaires générales)  

 

Distraction de la vente des meubles de l'émigré Montmorency de certaines tapisseries, meubles du château de Seignelay " attendu qu'elles représentent des signes de féodalité et des inscriptions contraire à l'Egalité "

 

Le 13 juin 1793

 

            Sur le rapport de la délibération du conseil général de la commune de Seignelay, du 11 de ce mois, tendante à ce que des tapisseries, faisant parties des meubles dont la vente est commencée au ci-devant château d'Anne Léon Montmorency à Seignelay, soient distraites de la vente, brûlées, attendu qu'elles présentent des signes de féodalité et des inscriptions contraire à l'Egalité, qu'à ce moyen elles ne peuvent entrer dans la commune.

            Vu ladite délibération, le procès verbal du commissaire du district d'Auxerre délégué pour la vente endatte du 12 de ce mois qui constate l'état des tapisseries, et l'avis du district d'Auxerre, de ce jour :

                        Le Procureur Général syndic, entendu :

Le Directoire du Département considérant que tout ce qui rappelle la féodalité et le régime oppresseur doit rentrer dans le néant d'où il n'eut jamais du sortir.

            Que la remise dans le commerce par l'effet de la vente contrarierait ce principe auquel les administrateurs doivent s'attacher invariablement.

            Arrêté que le commissaire du District d'Auxerre est autorisé à faire enlever desdites tapisseries, lits et autres meubles, les armoiries, cordons, couronnes, manteaux et autres signes de féodalité, ensemble des inscriptions contraire à l'Egalité. Dans ce cas ils pourraient être détachés sans détériorations desdites tapisseries et autres meubles, pour ceux desdits effets qui sont en soie ou fil soient brûlés sur la place publique de Seignelay et ceux en or être brûlés en lieu commode pour être réduits en masse et envoyés à l'hôtel des monnaies. D'après le procès verbal qui en sera dressé, et être, les tapisseries et meubles ainsi déchargés seront vendus comme tels autres effets.

            Et dans le cas ou lesdits objets ne pourraient être détachés des tapisseries et autres meubles sans détérioration arrêté qu'elles seront transportées dans leur état actuel au magasin du district d'Auxerre et que le procès verbal qui en sera dressé sera envoyé à l'administration des domaines nationaux pour déterminer l'usage qui doit être fait desdites tapisseries, à la vente desquelles, il sera sursis jusqu'après sa décision./.

 

 

Façade coté Chemilly, du château avant sa démolition en 1800

 

 

 

An VI 12 nivôse

Vente du château

de Seignelay

   Archives générales

       De la Préfecture du Département de l'Yonne

 

Fonds des domaines nationaux de deuxième origine,

                     

   D'un Registre coté 82, contenant les actes de ventes de biens nationaux de 2ème origine, passés devant l'administration du département de l'Yonne depuis le 14 ventôse an V, au 17 nivôse an VI, a été extrait l'acte dont la teneur suit:     (Page 338ter)

 

   Cejourd'hui, douze du mois de nivôse an Vi de la république française, unie et indivisible, heure de neuf du matin, pardevant nous, administrateurs du département de l'Yonne, séant à Auxerre, et en présence du commissaire du Directoire exécutif, le Secrétaire général a annoncé qu'il allait être procédé à la réception des enchères pour la vente des biens, ci après désignés, indiqués par l'affiche jointe aux présentes, dont il a donné lecture, laquelle affiche a été bien et dûment publiée et apposée dans les lieux prescrits par la loi, suivant les certificats des agents municipaux des communes où sont situés les biens et d'autres communes; lesquels biens ainsi qu'il suit:

 

Canton de Seignelay - Commune de Seignelay.

 

   Tous les bâtiments composant le ci-devant château de Seignelay, situés commune de Seignelay, ensemble, le parc, le logement du jardinier, laiterie, faisanderie et logement de garde dépendants et faisant partie du dit château, cours, aisances et dépendances, le tout entouré de murs à la réserve du logement du jardinier, séparé du château par un chemin et tenant néanmoins aux murs du parc ci-après détaillé.

   Le parc et enclos dont il s'agit, contenant en totalité cent quarante neuf arpents, quatre vingt treize perches, savoir: cent vingt un arpents, soixante huit perches en bois de différents âges, vingt un arpents en terres labourables composant les allées, et sept arpents un quartier en pré et potager.

   Les dits bâtiments, parcs et dépendances provenant d'Anne Léon Montmorency émigré, estimé en revenu annuel cinq mille cinq cent quarante trois francs douze sols et en capital cent dix mille huit cent soixante douze francs, ci                                                                                                                   110,872 f

   Auquel capital, ajoutant les superficies évaluées soixante quatre mille six cent soixante dix huit francs, ci                                                              64,678 f

   Total, cent soixante quinze mille cinq cent cinquante francs, ci       175,550 f

 

   Les dits biens seront adjugés définitivement le dix sept nivôse an six, suivant les formes prescrites et décrétées par les lois des 16 brumaire, 9 germinal et 2 fructidor de l'an V, au plus offrant et dernier enchérisseur sous les charges, clauses et conditions qui suivent: etc…

 

Adjudications

 

   Et le dix sept du mois de Nivôse an six de la République française, heure de neuf du matin, nous administrateurs du département de l'Yonne, en présence du commissaire du directoire exécutif, au lieu ordinaire de nos séances, avons fais annoncer par notre secrétaire général qu'il allait être procédé à l'adjudication définitive des biens sur lesquels les premières enchères ont été reçues le douze de ce mois. De suite nous avons fait donner lecture du procès verbal de première enchère, et avons ouvert les enchères sur celles de un million cinquante mille francs, qui est la dernière faite sur le dit domaine par le citoyen Gromaire négociant à Paris, en conséquence avons fait allumer un premier feu, qui a été porté par le citoyen Cornu à                                        1,106,200 f

   Le onzième feu a été porté par le dit citoyen Cornu à  1,554,800 f

   Le douzième feu s'est éteint sans mise, pourquoi nous administrateurs avons adjugé au citoyen Jean François Cornu, propriétaire demeurant à Auxerre, comme dernier enchérisseur, pour prix et la somme de Quinze cent cinquante quatre mille huit cent francs, aux charges, clauses et conditions portées en tête du présent et prescrites par les différentes lois, que le dit citoyen Cornu, a dit bien connaître, et a le dit Cornu déclaré que la dite acquisition est faite tant pour lui, que pour le citoyen Jean Gromaire, propriétaire demeurant à Paris, lequel à ce présent a accepté et ont signé.

 

         signé: Cornu, Gromaire, adjudicataires;

Maiseau, Boilleau, Guichard, Housset, Ménétrié, administrateurs; et Savalle secrétaire général.

 

        En marge est la mention suivante: Enregistré à Auxerre, le dix huit nivôse an six. Reçu Quinze cent cinquante sept livres, douze sols pour deux droits, signé: Rocque



01/01/2010
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